Un Transall chez nous !
Ce lundi 21 mars 2022, au cours de sa tournée d’adieu avant d’être retiré du service, un Transall de l’Armée de l’Air est passé par l’aérodrome du Versoud. Embarquez avec nous dans le récit de son aventure grenobloise !
Arrivé en fin d’après-midi, le Transall s’est posé sur la 04 dure, puis garé au niveau de E3 pour passer la nuit et accueillir les élèves des Pupilles de l’Air venus le visiter. Parmi eux se sont glissés, inévitablement, quelques passionnés de l’Aéroclub du Dauphiné, Alexandre, Godefroy, Natacha, Antoine et Toan.
Énorme présence à tous égards, de par son bruit phénoménal, son gabarit impressionnant mais aussi son histoire : cet avion magnifique, qui vole depuis 1963, a fait partie de bien des engagements de l'Armée de l'Air française.
Au cours d'un vol Transall entre Salon et Dijon en Janvier 95, donc en pleine guerre des Balkans, nous avions interviewé un pilote de cette machine mythique. Voir encadré ci- dessous.
Nous sommes enthousiastes : on nous accueille à bord ! L’équipage nous fait faire un tour de l’avion et nous parle de ses caractéristiques. Le C160, c'est trente tonnes à vide, 21 de plus à charge maximale, plus de 500km/h, rayon d'action 5 500km, deux turbopropulseurs Rolls- Royce de 5600ch chacun… Belle occasion de discuter avec l’équipage, très heureux de participer à ce Tour de France qui honore leur machine pour ses bons et loyaux services.
Mardi matin. Nous avons pu observer un démarrage de l’APU, assourdissant mais ça envoie ! Le Transall remonte la piste, s’aligne en 04 et décolle. Premier passage à basse altitude sur l’École des Pupilles de l'Air, puis un second. Enfin il vient nous saluer au- dessus de l’aérodrome, c'est l’occasion de le voir en virage à grande inclinaison, mais aussi d’apprécier sa magnifique livrée !
“La mission essentielle des transports militaires,” nous explique ce tout jeune commandant de bord, “c'est l'humanitaire et le sanitaire. Mais, paradoxalement ce sont les transports militaires qui en ce moment vont le plus au feu, par rapport à la chasse ou aux escadrilles de bombardement, par exemple, que l'on maintient soigneusement hors de portée des zones de combat, pour éviter toute provocation militaire ou politique. A l'inverse, donc, les missions humanitaires ou sanitaires impliquent un contact intime avec toutes les zones les plus instables : Afrique, Yougoslavie.
Massif mais félin, le Transall pivote en souplesse pour s’aligner… et au premier plan, le petit DeltaPapa en tremble de frousse…
L’extrémité des pales génère de belles spirales de condensation. Ciel, des chemtrails : complotistes, à vos réseaux, on nous empoisonne !
Le talent de Fred Jezierski : le Transall revient d’un survol lunaire.
Et Fred, qui fut parachutiste militaire, nous donne cette photo du Transall dans sa combinaison de travail au Tchad, lors de l'Opération Epervier à N'djaména. Décembre 1989.
Les Transalls se posent à basse vitesse sur des terrains le plus souvent difficiles d'accès, couverts par les tirs croisés de factions rivales.” “Mais ça vous plaît, non ?” “Oui ça nous plaît, l'adrénaline monte, c'est intense, on se concentre sur le vol, sur les manœuvres d'approche, sur les zones d'où proviennent les tirs, etc. Et puis ensuite, c'est le retour, tout se calme…” il montre les brancards à flanc de paroi, qui doivent servir de couchettes les soirs de missions mouvementées, durant les longues heures du vol vers la base… BM
Merci à l’équipage d’être passés nous voir au Versoud ! "That’s (Trans)all Folks!" Reportage Godefroy Buisson Photos Fred Jezierski Mise en page Bernard Moro
C’est donc l’adieu aux armes… C’est un peu triste, non ? Allez, on ne va pas se quitter comme ça… pour le plaisir, un petit atterrissage d’attaque ?